La Korea Football Association (KFA) a présenté ses excuses après la réapparition d’accusations selon lesquelles des fonds de l’association auraient servi à financer des divertissements sexuels pour des arbitres étrangers lors de matches internationaux il y a plus de dix ans. Ces accusations proviennent d’une enquête menée en 2016 par le ministère sud-coréen de la Culture, des Sports et du Tourisme, qui n’a été rendue publique que la semaine dernière après avoir été obtenue par la chaîne JTBC.
Selon l’enquête rapportée par JTBC, des cartes bancaires professionnelles de la KFA auraient été utilisées pour effectuer des paiements totalisant environ 5,6 millions de wons, soit 2 927 livres sterling, dans des salons de massage. Ces dépenses auraient été engagées au début des années 2010, lorsque des officiels étrangers se trouvaient en Corée du Sud pour arbitrer des matches de la sélection nationale.
Parmi les rencontres associées à ces accusations figurent des matches de qualification pour la Coupe du monde 2014 ainsi que pour les Jeux olympiques de Londres 2012. La Corée du Sud s’était qualifiée pour les deux compétitions. Le rapport du ministère aurait établi que des employés de la KFA avaient enregistré les dépenses sous des intitulés tels que nourriture, boissons ou massages ordinaires, sans révéler la véritable nature des paiements.
Ces accusations accentuent la pression déjà importante exercée sur la KFA, qui fait face à de nombreuses critiques concernant l’état du football sud-coréen. Dans un communiqué, l’association s’est excusée pour plusieurs controverses, notamment des affaires remontant à plus de dix ans dont, selon elle, de nombreux employés actuels n’avaient pas connaissance.
La KFA a souligné que de tels comportements et l’utilisation abusive de cartes professionnelles n’avaient pas cours au sein de l’organisation aujourd’hui. Elle a également reconnu la gravité de la situation et la nécessité de rétablir la confiance des supporters.
Cette controverse intervient peu après une perquisition menée par la police sud-coréenne au siège de la KFA dans le cadre d’une enquête sur une possible entrave aux activités liée à la nomination de l’ancien sélectionneur national Hong Myung-bo. Sa nomination en 2024 avait suscité des critiques concernant le processus de sélection, après une longue recherche ayant impliqué plusieurs candidats étrangers.
Les dernières accusations pourraient potentiellement être intégrées à l’enquête policière. Les médias sud-coréens ont rapporté que les autorités envisageaient d’examiner les allégations concernant les arbitres étrangers, même si rien n’indique qu’un arbitre ait effectivement été influencé par les paiements présumés. La nature ancienne des faits pourrait également rendre importante la question des délais de prescription applicables.
Des médias japonais ont également rapporté que la Fédération japonaise de football examinait des accusations selon lesquelles certains arbitres japonais auraient pu être impliqués. La KFA et la JFA ont été sollicitées pour réagir à ces informations.
Ce scandale intervient après une période difficile pour la KFA, marquée par la décevante campagne de la Corée du Sud lors de la Coupe du monde 2026. Hong Myung-bo et le président de la KFA, Chung Mong-gyu, ont tous deux démissionné après de fortes critiques consécutives à l’élimination de la sélection dès la phase de groupes.
Le poste de sélectionneur national reste vacant. Par ailleurs, l’ancien capitaine de la Corée du Sud et ancien milieu de terrain de Manchester United, Park Ji-sung, a été nommé à la tête d’un comité gouvernemental chargé de l’innovation dans le football. Il a appelé à une réforme du système électoral de la KFA.
Il propose notamment d’élargir le corps électoral, actuellement composé d’environ 200 responsables, représentants de clubs, entraîneurs et joueurs, à près de 20 000 participants, parmi lesquels des joueurs semi-professionnels.
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