Dix-huit supporters de football sénégalais condamnés pour leur rôle dans les troubles de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations ont comparu lundi devant une cour d'appel de Rabat. Les supporters ont officiellement nié toutes les accusations de hooliganisme liées à l'envahissement du terrain lors de la finale de janvier au Maroc. Ces supporters avaient été condamnés en février à des peines de prison allant de trois à douze mois.
Les supporters ont soutenu qu'ils n'étaient pas entrés sur le terrain pour protester contre les décisions de l'arbitre. Ils ont plutôt affirmé avoir été poussés sur la pelouse par une foule en liesse. Certains supporters ont témoigné s'être déplacés vers l'herbe pour échapper aux projectiles et aux crachats provenant des tribunes. Cette défense vise à annuler les condamnations précédentes qui qualifiaient leurs actions de hooliganisme intentionnel.
La finale du 18 janvier a été entachée par la controverse après que le Sénégal a initialement remporté une victoire 1-0 sur le terrain. Cependant, la Confédération Africaine de Football (CAF) a par la suite annulé ce résultat et a attribué le titre au Maroc. La Fédération Sénégalaise de Football a réagi en portant l'affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport.
Les avocats de l'accusation ont demandé à la cour d'appel d'alourdir les peines de prison actuelles du groupe. Ils ont fait valoir que les supporters ont été pris en flagrant délit lors d'un événement télévisé mondial. L'accusation soutient que les images diffusées en direct constituent une preuve suffisante de leur culpabilité.
L'avocate de la défense Naima El Guellaf a demandé que des preuves vidéo spécifiques soient diffusées au tribunal pour vérifier les identités. Elle estime que les images montreront que les individus actuellement en détention n'étaient pas les principaux instigateurs. L'accusation s'est fermement opposée à cette demande, affirmant que les images parlent d'elles-mêmes.
Un deuxième avocat de la défense, Patrick Kabou, a suggéré que les vrais coupables ne se trouvent pas actuellement au Maroc. Il a affirmé que les personnes responsables du pire du chaos sont déjà rentrées au Sénégal. Le juge ne s'est pas encore prononcé sur la question de savoir si le tribunal examinera les preuves vidéo.
Cette bataille juridique se poursuit alors que la communauté du football sénégalais attend une décision finale du Tribunal Arbitral du Sport. L'issue de ces appels aura un impact significatif sur les supporters toujours détenus par le Maroc. Pour l'instant, le groupe reste emprisonné pendant que le processus judiciaire suit son cours à Rabat.
ADD A COMMENT :