Bernd Neuendorf, président de la Fédération allemande de football et membre du Conseil de la FIFA, a déclaré que les discussions avaient soulevé de nombreuses préoccupations, sans toutefois apporter de réponses à plusieurs questions importantes. La réunion a notamment porté sur FIFA Forward Enterprise (FFE), une initiative présentée par Infantino en juillet et destinée à attirer des investissements privés dans les compétitions les plus prestigieuses de l’instance dirigeante du football mondial.
Le projet a rencontré une opposition généralisée, notamment de la part de l’UEFA, de la Confédération asiatique de football et de la CONCACAF. Face à la montée des résistances, la FIFA a abandonné l’initiative. Infantino a ensuite confirmé que le projet avait été définitivement retiré et ne serait relancé sous aucune forme.
Dans une vidéo publiée par la FIFA, Infantino a présenté ses excuses pour les erreurs commises dans la communication du projet et la consultation des parties prenantes. Il a affirmé que FIFA Forward Enterprise n’avait jamais été qu’une proposition, et non un accord finalisé, précisant que son objectif était d’accroître les financements disponibles pour les associations membres de la FIFA.
Les critiques les plus virulentes sont venues de Debbie Hewitt, présidente de la Fédération anglaise de football et vice-présidente de la FIFA. Elle a estimé qu’Infantino ne pouvait pas être considéré comme apte à diriger l’organisation tant qu’il n’aurait pas publié tous les documents relatifs à l’initiative abandonnée et répondu aux questions encore en suspens.
Hewitt a déclaré que le projet n’avait pas été présenté au Conseil de la FIFA avant son annonce publique, obligeant ainsi les membres du conseil à réclamer des explications sur la manière dont le processus avait été mené. Elle a ajouté que les excuses d’Infantino n’avaient pas modifié sa position, puisque les informations qu’elle avait demandées restaient indisponibles.
Cette controverse survient alors qu’Infantino se prépare à briguer un nouveau mandat à la présidence de la FIFA en mars 2027. À la tête de l’organisation depuis 2016, il voit néanmoins sa position fragilisée par l’échec du projet d’investissement et d’autres différends avec plusieurs fédérations européennes influentes.
Parmi les autres sujets qui suscitent des interrogations figurent la décision d’Infantino d’attribuer un prix de la paix de la FIFA au président américain Donald Trump, ainsi que la gestion de la suspension imposée à l’attaquant américain Folarin Balogun pendant la Coupe du monde 2026. Ces affaires ont renforcé les préoccupations concernant la gouvernance de la FIFA et ses processus décisionnels.
Parallèlement, la FIFA a proposé un programme distinct de financement du développement d’un montant de 6,35 milliards de dollars pour la période 2027-2030. Ce plan prévoit d’augmenter le soutien financier accordé aux 211 associations membres, chaque fédération éligible pouvant potentiellement recevoir 25 millions de dollars. Une partie des fonds proviendrait des réserves de la FIFA, à la suite du succès commercial de la Coupe du monde 2026.
La FIFA affirme que ce programme vise à renforcer les investissements dans le football à l’échelle mondiale. L’initiative doit toutefois faire l’objet d’un examen supplémentaire et être approuvée. Le Conseil de la FIFA devrait finaliser les détails lors de sa réunion de décembre.
Ce plan de financement pourrait aider Infantino à consolider ses soutiens avant l’élection, mais les questions relatives à la transparence et à la responsabilité restent sans réponse. La date limite pour le dépôt des candidatures à la présidence est fixée au 18 novembre, plaçant la FIFA dans une période d’incertitude politique alors que sa direction fait l’objet d’un examen de plus en plus attentif.
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