La campagne des Super Eagles lors de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Maroc n’était jamais attendue comme étant facile.
Arrivés à Fès sous un ciel gris, l’équipe portait le poids des critiques du public, la déception persistante de ne pas s’être qualifiée pour la Coupe du monde en Amérique du Nord, et l’incertitude d’un effectif en transition. Talentueux mais peu éprouvé, fier mais meurtri, c’était une équipe nigériane en quête d’identité.
Pourtant, comme l’histoire le montre souvent, le football récompense ceux qui se redécouvrent lorsque les enjeux sont les plus élevés.
Dès les premiers matchs, l’intention du Nigéria s’est fait sentir. Les Eagles jouaient avec détermination plutôt qu’avec extravagance : la Tanzanie fut maîtrisée, la Tunisie surpassée physiquement, et l’Ouganda balayé. Une équipe sous-estimée avant le coup d’envoi a commencé à reconstruire sa confiance grâce à la discipline et à l’effort collectif.
Ce qui ressortait n’était pas seulement les résultats, mais l’attitude de l’équipe. Les Super Eagles ont joué sans peur, dissipant le doute à chaque tacle, chaque sprint et chaque but.
À mesure que le tournoi progressait vers les phases à élimination directe, la confiance s’est transformée en certitude. Le Mozambique a été écarté facilement, tandis que l’Algérie, l’une des équipes les plus expérimentées d’Afrique, a été surpassée par un Nigéria affamé de victoire plutôt que reposant sur sa réputation. À ce stade, les Super Eagles n’étaient plus de simples participants de la CAN 2025.
L’entraîneur-chef, Eric Chelle, a résumé l’état d’esprit de son équipe :
« Les joueurs étaient concentrés, courageux et unis. Nous avons travaillé dur pour cela, et ce que nous construisons commence à se voir », a-t-il déclaré avant la demi-finale.
La demi-finale à Rabat s’est avérée être le moment décisif de la campagne.
Face au pays hôte, le Maroc, le Nigéria a affronté plus qu’un adversaire : un public partisan, une pression intense et un arbitrage contesté ont mis leur détermination à l’épreuve. Malgré une égalité avec le Maroc pendant 120 minutes, les rêves des Eagles d’atteindre la finale ont été brisés aux tirs au but. Le Maroc a avancé, et le Nigéria a encaissé la douleur.
Mais le caractère de l’équipe a brillé en réponse.
Plutôt que de succomber à la déception, les Super Eagles ont été galvanisés au plus haut niveau. Le président Bola Ahmed Tinubu a publiquement exhorté l’équipe à répondre avec fierté et à finir en force.
Et ils l’ont fait.
Lors du match pour la troisième place, le Nigéria a fait preuve de calme et d’autorité, battant l’Égypte, sept fois championne, pour remporter une neuvième médaille de bronze record à la CAN. Cette réussite avait une valeur allant bien au-delà de la couleur — une médaille forgée par la résilience plutôt que par le regret.
Le président Tinubu a félicité l’équipe, qualifiant la médaille de « bronze qui ressemble à de l’or » :
« Ils sont restés intrépides. Ils ont combattu pour l’écusson, pour le pays et pour notre fierté collective », a-t-il déclaré.
Les acteurs sportifs ont partagé cet avis, soulignant l’importance du leadership et du soutien intentionnel dans le renouveau des Eagles.
Le président de la Commission nationale des sports, Shehu Dikko, a souligné l’impact du soutien présidentiel :
« De la logistique au bien-être des joueurs, tout a été géré avec intention. Lorsque les athlètes se sentent valorisés, cela se reflète dans leurs performances. »
Le directeur général de la CNS, Bukola Olopade, a salué la force mentale de l’équipe, tandis que le conseiller présidentiel pour l’information et la communication, Sunday Dare, a décrit la campagne de la CAN comme le résultat d’un leadership délibéré reconnaissant le sport comme outil d’unité et de fierté nationale.
Les analystes considèrent la médaille de bronze des Eagles comme une partie d’un réajustement plus large du sport nigérian, reflété par le soutien renouvelé aux équipes telles que D’Tigress et les Super Falcons.
Pour les Super Eagles, la CAN 2025 ne s’est peut-être pas terminée par le trophée ultime, mais elle a offert quelque chose d’égale valeur : la foi retrouvée.
Au Maroc, le Nigéria n’a pas seulement participé ; il a redécouvert son identité et rappelé à la nation et au continent que les Eagles savent toujours se relever.
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